Le mystère de l’odeur du palier

Hier, je devais simplement réceptionner un chantier de peinture des portes d’ascenseur. Simplement…

À peine arrivée dans les parties communes de la copropriété, une odeur nauséabonde me saute au nez.
Le chantier peinture est aussitôt passé au second plan. Me voilà partie en mode détective pour retrouver l’origine du problème.

Et là… découverte du “cadeau” : quelqu’un avait déféqué entre deux portes des parties communes. 💩
Bon… il n’y avait plus qu’à trouver une entreprise de nettoyage pour intervenir rapidement.

Sauf qu’on est début août.
Les entreprises sont en vacances, les plannings sont pleins, et personne ne peut intervenir dans l’immédiat.

Résultat ? Il a fallu patienter plusieurs jours, le temps que notre entreprise habituelle, qui assure l’entretien des parties communes, passe comme prévu.

On dit souvent que le gestionnaire de copropriété est juriste, comptable, médiateur, technicien…
On oublie juste de préciser qu’il doit parfois improviser une gestion de crise… pour des situations qu’aucune fiche de poste n’aurait osé imaginer. 😅

Le quotidien d’un gestionnaire de copropriété est parfois… surprenant.

Par Aurore R.

Le local poubelle

Dans notre métier de gestionnaire de copropriété, il existe un endroit où l’on n’entre jamais complètement serein.

Le local poubelle.

Hier soir, je devais justement y faire un inventaire avec une membre du conseil syndical. À peine arrivées devant la porte, elle me glisse, mi-sérieuse, mi-inquiète :

— « Vous êtes sûre qu’il n’y a pas de rats ? »
Jusque-là, je ne m’étais pas posé la question.
Mais une fois le mot prononcé…Impossible de penser à autre chose.

Je pose la main sur la poignée. Elle fait un discret pas en arrière. Je l’ouvre lentement.

Silence.

Personne.
Enfin… presque.

Quelques toiles d’araignées avaient manifestement élu domicile depuis un certain temps.
L’aspirateur était hors service.
Le balai n’était plus qu’un manche.
La tête de loup… avait perdu la tête.
Et la serpillière semblait avoir rendu les armes depuis bien longtemps.

Nous étions venues faire un inventaire.
Nous avions surtout découvert un véritable cimetière du matériel d’entretien.

Je regarde la conseillère. Elle me regarde. Puis nous éclatons de rire.

Le fameux rat n’était jamais venu.
En revanche, le matériel, lui, semblait avoir traversé toutes les guerres.

On parle souvent du métier de gestionnaire de copropriété à travers les assemblées générales, les budgets, les sinistres ou les travaux.
Mais on oublie ces moments improbables.
Ces expéditions dans les caves, les combles, les locaux techniques…
Et ces portes que l’on ouvre avec une légère appréhension, sans jamais savoir ce qui nous attend de l’autre côté.

Finalement, ce soir-là, nous n’avons croisé ni rat, ni souris. Seulement un aspirateur à bout de souffle, un balai amputé, un loup décapité…
…et un fou rire qui, lui, était en parfait état de fonctionnement.

Par Aurore R.

Même la neige, c’est pour le syndic ?

Assemblée générale. La réunion se déroule normalement.
Questions sur les comptes, quelques devis, un contrat d’entretien…
Puis un copropriétaire demande à consulter le cahier des charges de l’entreprise qui assure l’entretien des parties communes. Je sors le document.

Il date de 2016, mais les missions sont toujours les mêmes.

Je commence à expliquer son contenu lorsqu’une voix s’élève au fond de la salle :
— “Lors du dernier épisode neigeux, je n’ai vu ni le syndic, ni vous-même déneiger le trottoir de la résidence.”

Silence.

Pendant quelques secondes, j’imagine la scène :
6 heures du matin.
Le téléphone dans une poche.
Le carnet d’interventions dans l’autre.
Un gilet fluorescent sur le dos.
Une pelle à neige à la main.
À courir d’une résidence à l’autre avant l’ouverture du bureau.

L’image est tellement absurde que je manque d’en sourire.

Je reprends alors calmement :
— “Heureusement pour vous… ce n’est pas le syndic qui déneige.”

Le cahier des charges concernait bien l’entreprise d’entretien.
Comme aujourd’hui encore, c’est le prestataire mandaté qui intervient lorsque les conditions météo l’exigent.

Cette anecdote m’a fait sourire. Pas à cause de la neige. Mais parce qu’elle résume parfaitement notre métier. Le syndic est devenu, dans l’imaginaire collectif, celui qui devrait tout faire.

Gérer les comptes.
Répondre aux urgences.
Organiser les travaux.
Régler les conflits.
…et, visiblement, tenir la pelle lorsque l’hiver arrive.

Depuis, chaque fois qu’il neige, je repense à cette assemblée.
Et je me demande toujours combien de copropriétaires imaginent encore leur syndic partir à l’aube déneiger les trottoirs.

Par Aurore R.

Le suspect

Un matin, plusieurs copropriétaires de la même résidence m’appellent à quelques minutes d’intervalle.

Tous me décrivent le même homme. Il sonne à toutes les portes, prend des notes et regarde les boîtes aux lettres.

L’un d’eux ajoute même :
— En plus, il a un tournevis.

J’avoue que je commence à m’inquiéter. Le président du conseil syndical descend voir ce qui se passe. Il me rappelle cinq minutes plus tard.
— C’est bon, on l’a trouvé.

Je lui demande :
— Alors ?

Il éclate de rire.
— C’est le facteur.

Il distribuait des recommandés. Comme personne ne répondait, il notait les absents pour repasser. Quant au tournevis, il s’en servait simplement pour refermer une boîte aux lettres dont la serrure était cassée.

Quelques heures plus tard, je me suis dit que ce pauvre facteur avait dû se demander pourquoi autant de rideaux bougeaient sur son passage.

Par Aurore R.

Guerre de territoire ou droit de passage ?

Paco le chat a décidé que tous les balcons de la résidence faisaient partie de son territoire…

Cette semaine, parlons d’un sujet qui prête à sourire… mais qui révèle une vraie problématique de la vie en copropriété.
Un chat a pris l’habitude de se promener de balcon en balcon pour rendre visite aux voisins.
Certains résidents l’adorent. D’autres trouvent la situation envahissante.
Alors, qui a raison ?

En France, un chat n’a pas de droit de passage.
Son propriétaire reste responsable si l’animal provoque des nuisances, des dégradations ou s’introduit régulièrement chez les voisins.
Mais derrière cette histoire se cache une question beaucoup plus intéressante.

Comment vivre ensemble quand chacun possède sa propre définition du « raisonnable » ?

Car en résidence, les conflits ne commencent pas toujours par de grands désaccords.
Ils naissent souvent de petites habitudes du quotidien :
· Un chat qui traverse les balcons
· Une plante qui déborde
· Un vélo laissé dans les parties communes
· Une musique un peu trop forte
Et pourtant, ces petites situations peuvent devenir de véritables opportunités pour recréer du dialogue.

Le véritable enjeu n’est pas de chercher un gagnant ou un perdant.
Le véritable enjeu est de construire une culture du respect mutuel et du bien-vivre ensemble en résidence.

Par Vicky S.

✨️ Une résolution non inscrite à l’ordre du jour 🙏✨️

Ce soir, j’ai eu une belle preuve que la bienveillance existe encore.
N’ayant pas trouvé de mode de garde, j’ai demandé si je pouvais exceptionnellement venir à une assemblée générale accompagnée de mes filles. La présidente du bureau a accepté sans la moindre hésitation avec beaucoup de compréhension.
L’AG s’est très bien passée et la soirée s’est terminée autour d’un apéro dînatoire dans une ambiance conviviale (et un plouf dans la piscine pour la plus grande – chanceuse 🤗)
Dans notre métier de syndic, on parle souvent des difficultés et des tensions que l’on rencontre chaque jour. Mais il y a aussi ces moments qui font du bien et qui rappellent que derrière les dossiers et les situations compliquées, il y a avant tout de l’humain.
Alors ce soir, j’avais simplement envie de remercier les personnes qui font preuve de compréhension, de confiance et de bienveillance 🙏
Ça paraît parfois anodin mais ça change beaucoup de choses. Et franchement, ça fait du bien! ✨
#Syndic #Copropriété #Immobilier #Bienveillance #AixenProvence #CGImmobilier #Relationhumaine

Par Sylvie H.

🤓 Un locataire ivre qui fait pipi dans la rue… c’est de la faute de l’agence immobilière.

VOUS LE SAVIEZ ?
Moi non ⁉️

📩 Mail du syndic. Objet : Plainte concernant votre locataire.

Notre locataire serait rentré un peu… beaucoup… bon d’accord très joyeux d’une soirée et aurait décidé que l’entrée de l’immeuble était l’endroit idéal pour une pause technique.

Évidemment, une voisine passe par là.

Choquée.

Elle dépose une main courante.

Signalement au syndic.

Et le téléphone commence à chauffer de partout . 🤯
Présomption d’innocence du locataire on l’appelle .
Franchement, il y a des coups de téléphone qu’aucune école immobilière ne prépare. Allez dire à un locataire qu’il a montré son wistiti à une voisine .

— Bonjour Monsieur, avez-vous tendance à rentrer de soirée et à faire pipi devant votre immeuble ?

— Moi ? Impossible. Je ne me souviens de rien. Ce n’est pas mon genre de toute façon . Cela fait 15 ans que je suis locataire chez vous je n’ai jamais causé de soucis ( oui c’est vrai sur ce point )

Il avouera avoir été en état d’ébriété .

Bon. On fait quoi avec ça ?

Bah comme dans tout bon film, il faut un responsable.

Et ce responsable…C’est l’agence.

Le propriétaire :« Comment vous avez pu me mettre un locataire pareil ? »
Excellente question. Étrangement, il ne m’avait pas signalé ce point dans son dossier locatif .

Je prends note pour la prochaine sélection des dossiers.
Revenus.
Garants.
Pièces d’identité.
Contrat de travail.
Et aptitude à retrouver ses toilettes après un apéro.

Je vous passe les insultes, les appels et les explications de la journée.

Mais ça me fait toujours sourire quand j’entends :
« La gestion locative ? Vous encaissez les loyers et c’est tout. »
Bien sûr.

Et parfois, accessoirement, on se retrouve médiateur dans des histoires qu’aucun scénariste n’oserait inventer.

Vous voulez investir pour être tranquille ?
Le syndic est mécontent.
La voisine est choquée.
Le propriétaire est furieux.
Le locataire ne se souvient de rien.

Et l’agence ?

L’agence cherche encore à quel moment elle est devenue responsable de l’appareil urinaire des locataires.

Une journée parfaitement normale pour moi .
Les galères locatives, c’est mon métier. 😉
FIN DE CET EPISODE .

Par SABRINA B.

C’est ceux qui parlent le plus qui en font le moins

Une histoire vraie sur l’engagement collectif…

Lors de notre assemblée générale de copropriété, une résolution concernant deux nouveaux contrats pour l’entretien des espaces verts de notre résidence est présentée à l’ensemble des copropriétaires.
Cette proposition fait suite à la décision du conseil syndical de mettre fin au contrat de l’ancien prestataire.

Très vite, plusieurs copropriétaires interviennent :
“On pourrait le faire nous-mêmes entre voisins, cela ferait faire des économies à tout le monde”.

Je réponds alors :
Très bonne idée. Qui serait prêt à participer ?
Quelques mains se lèvent. Je mémorise les visages.

Le vote tombe :
Aucun vote pour l’adoption de la résolution concernant ce nouveau contrat.
Je décide alors d’organiser l’action.

Un message est affiché sur nos espaces de communication de la résidence et un mail est envoyé aux copropriétaires :
Merci de nous contacter pour participer dimanche à 11 h à l’entretien des espaces verts.

Résultat le jour J.

3 personnes présentes :
– Deux copropriétaires résidents
– Un locataire et moi

Mais où étaient passées toutes ces mains levées lors de l’assemblée générale ?
Une piqûre de rappel est envoyée pour la prochaine participation.
Et le résultat est le même.

La moral de l’histoire : c’est souvent ceux qui parlent le plus qui en font le moins.

Lors de l’assemblée générale suivante, un contrat a finalement été adopté par la majorité.

Vicky S.

Par Vicky S.

Les plus belles leçons viennent parfois des invisibles

Ce week-end, nous avons perdu notre chat.

Pour certains, ce n’est “qu’un chat”. Pour nous, c’est un membre de la famille.

Habituée à voyager avec nous en camping-car, elle est sortie vendredi soir comme elle le fait toujours.

Et elle n’est pas revenue.

Alors nous avons cherché. Beaucoup.

Nous avons interrogé les habitants, les commerçants, la maison de santé voisine, contacté la mairie, les vétérinaires, les associations. Nous avons marché, attendu, espéré.

Au fil de ces recherches, nous avons croisé de nombreuses personnes.

Et parmi elles, un homme que beaucoup regardent sans vraiment voir.

À chaque fois que nous le croisions, il nous demandait :

« Alors, vous avez retrouvé votre chat ? »

Quelques mots seulement.

Mais toujours avec une sincère bienveillance.

Sur le moment, nous étions tellement absorbés par notre inquiétude que nous ne nous sommes même pas demandé comment lui allait.

Dimanche, nous avons dû repartir sans elle.

Le cœur lourd.

Puis lundi, nous avons décidé de revenir une dernière fois.

Avec très peu d’espoir.

Et là, après un violent orage, alors qu’une publicité passait à la télévision dans le camping-car, nous avons entendu un miaulement.

Pas celui de la télévision.

Le sien.

Notre petite aventurière était revenue.

Depuis, une pensée me revient sans cesse.

Pendant plusieurs jours, nous avons demandé de l’aide et reçu de l’attention de parfaits inconnus.

Cette expérience m’a rappelé qu’il est facile, lorsque nous traversons une difficulté, de ne voir que notre propre problème.

Pourtant, autour de nous, certains vivent des situations bien plus compliquées et trouvent malgré tout la force de s’intéresser aux autres.

Dans mon métier de gestionnaire de copropriété, je traite chaque jour des dossiers, des travaux, des sinistres ou des budgets.

Mais derrière chaque dossier, il y a avant tout des personnes.

Ce week-end m’a rappelé qu’au-delà des missions et des procédures, l’écoute et l’attention portée aux autres restent essentielles.

Parce qu’au fond, ce sont souvent ceux qui ont le moins qui nous donnent les plus grandes leçons d’humanité.

Par Aurore R.

Le talent du gestionnaire

Hier soir se tenait l’assemblée générale de la résidence la plus importante de mon portefeuille.

Après plus de 15 ans d’expérience en tant que syndic de copropriété, j’ai confié au conseil syndical qu’à chaque début d’assemblée dans cette résidence, j’avais toujours le trac.

Cette sensation particulière, ce mélange d’excitation, de responsabilité et d’envie de bien faire.

La réponse d’un membre du conseil syndical m’a marqué :

« Si tu as le trac avant de monter sur scène, c’est que tu as du talent. »

Une phrase simple, mais qui rappelle que le trac n’est pas un signe de faiblesse. C’est souvent la preuve que l’on accorde de l’importance à ce que l’on fait, que l’on respecte son public et que l’on souhaite donner le meilleur de soi-même.

Après toutes ces années, je suis finalement rassuré : avoir encore le trac, c’est peut-être simplement ne jamais perdre la passion de son métier.

Par Jessica L.