En notre qualité de syndic, nous mandatons une entreprise sur une résidence afin de réaliser une intervention au niveau des canalisations. Pour l’instant, rien d’anormal me direz-vous, d’autant plus que l’intervention se déroule très bien et le problème est résolu très rapidement.
Voilà que plus tard, un résident nous signale, qu’au cours de l’intervention, un objet a été retrouvé dans une bouche d’égout de la résidence. Il s’agissait d’un dentier ! Oui oui, un dentier ! Le voisin l’a récupéré, nettoyé et désinfecté. Il a ensuite posté une annonce d’objets trouvés dans le hall d’immeuble.
Quelques heures plus tard, la propriétaire édentée a pu le récupérer. Elle a alors expliqué, que la nuit d’avant, elle s’était prise de maux d’estomac, avait vomi dans la cuvette WC et perdu son dentier qui était parti dans les profondeurs des canalisations, lorsqu’elle a tiré la chasse d’eau.
Et comme toutes canalisations mènent à une bouche d’égout : La propriétaire a pu remordre la vie à pleine dent !
Catégorie : Histoires
Coin-Coin
Je suis syndic d’une copropriété à Mérignac dans laquelle il y a un étang avec des canards. Un été devant la prolifération de canetons, les copropriétaires m’ont demandé de les donner contre bons soins.
J’ai appelé la mairie afin d’en faire don pour un parc public, en vain.
J’ai fini par mettre une annonce : « Donne canards vivants, contre bons soins », à venir chercher sur la commune de Mérignac. En 30 minutes, ma messagerie était pleine de messages de chasseurs intéressés pour leur tonne de chasse.
Rendez-vous pris avec 2 chasseurs en fin de journée. Malheureusement les 2 chasseurs sont arrivés avec du matériel sous dimensionné pour la taille de l’étang. Ils ont donc terminé en slip dans l’eau jusqu’à mi-cuisse à courir après les canards et moi, cachée sous les arbres, de peur qu’un copropriétaire ne me voit avec ces 2 hommes à demi nus !
J’ai appelé ma présidente du CS alors âgée de 82 ans qui était bien contente de se rincer l’œil !
Monte voitures en souffrance, à qui la faute ?
Pour cette toute récente copropriété de bon standing, après avoir analysé les pièces du Dossier des Ouvrages Exécutés (DOE) remis à l’issue de la réception des travaux par le maître d’ouvrage au syndic de copropriété, ce dernier s’est occupé de souscrire auprès d’un fournisseur d’énergie un contrat d’électricité TARIF JAUNE, afin d’avoir une puissance suffisante pour assurer le bon fonctionnement de l’ensemble des équipements électriques relevant des parties communes.
Si sur les tous premiers mois il n’a pas été relevé de problème particulier, toutefois peu de temps après l’ambiance s’est quelque peu dégradée, ayant pour cause la perte d’usage momentanée du monte voitures.
En effet, au motif du coût particulièrement élevé du TARIF JAUNE, sur insistance d’un groupe de copropriétaires le gestionnaire de copropriété a été contraint et forcé d’engager une révision à la baisse de la puissance initialement souscrite au titre du contrat de fourniture d’électricité. C’est donc à la suite de l’intervention d’ERDF, qui après avoir recalibré le point de distribution a fait que le monte voitures est apparu en souffrance par manque de puissance électrique et dans ces conditions il est facile d’imaginer que plus aucune voiture ne pouvait entrer ou sortir du parking en sous-sol. Face au problème, en attendant de pouvoir revenir au TARIF JAUNE de base, le gestionnaire de copropriété n’a pas eu d’autre choix que de faire appel à une entreprise d’électricité, qui dans l’urgence s’est attachée à mettre en place un groupe électrogène de location pour débloquer au plus vite cette situation hors du commun.
Entre d’une part la perte d’usage temporaire d’un équipement collectif et d’autre part les dépenses engagées (argent/temps), on ne peut que recommander aux copropriétaires qu’il est généralement utile d’apporter une réelle attention aux conséquences de leurs décisions et de leurs actes.
La madone tombée du ciel
Dans le cadre des travaux de ravalement, une nouvelle statue a trouvé sa place au 80 rue Masséna 6iéme arrondissement, dans une niche située à l’angle de la façade de cet immeuble placé sous le régime de la copropriété et demeurée vide depuis plusieurs décennies.
Avec la volonté du syndicat des copropriétaires de remettre une statue sur leur immeuble et au maître d’œuvre qui a fait le lien avec l’association Les Madones de Lyon qui a fourni la statue, elle a été installée par les compagnons de l’entreprise S.. Il ne reste plus qu’à patienter quelques jours pour que cette nouvelle madone soit dévoilée aux yeux de tous, aprés le démontage de l’échafaudage.
Il s’agit là de la reproduction d’une sculpture signée Philippe Fabisch, fils du grand sculpteur Lyonnais Joseph-Hugues Fabisch (XIXème siècle), dont l’original se trouve dans l’église de Lissieu. Elle représente la Vierge et l’Enfant Jésus à son côté, debout sur une colonne. La tendresse des liens maternels et divins se lie dans leur posture et leurs regards, qui désormais veilleront sur les passants déambulant dans cette rue très animée du quartier des Brotteaux.
Merci à l’assocition “les Madones de Lyon” pour leur grande générosité, aux copropriétaires, au cabinet B. maître d’œuvre, au syndic de copropriété et à l’entreprise de ravalement S.. Grâce à la mobilisation des intervenants, en retrouvant tout son sens, cette niche a désormais renoué avec la tradition des Madones de Lyon, pour le plus grand plaisir et bonheur de tous.
Des murs chargés d’histoire
Aprés avoir fait l’acquisition d’un appartement dans une copropriété nous avons engagé quelques travaux de rénovation. Lorsque nous avons retiré le papier peint, avec une émotion toute particulière nous avons découvert sur nos murs plein de mots d’amour des anciens propriétaires, des dates, des codes, etc… En bref ces travaux nous ont réservé de bien belles surprises, car c’est carrément un roman d’amour qui reste à tout jamais gravé dans les murs de notre logement. En laissant leur passage de cette maniére, on est en droit de se poser la question de savoir si il ne s’agissait pas là d’une liaison extra-conjugale secrète. Très romantique n’est-ce pas…!
Le contorsionniste un brin de mauvaise foi
La copropriété en question a un parvis couvert qui donne sur la rue. Problème : le rebord d’une fenêtre basse près de la porte d’entrée est devenu un véritable banc public, avec en bonus le dépôt régulier de déchets à cet endroit. Exaspérés, les copropriétaires m’ont demandé en ma qualité de gestionnaire de la copropriété de faire installer un système empêchant de s’asseoir. S’agissant d’un immeuble neuf, on a opté pour quelque chose de discret : deux barreaux horizontaux posés par un serrurier dans le cadre de la fenêtre, à fleur de façade. Sobre, élégant, dissuasif. Du moins, c’est ce qu’on croyait !
Deux jours après la pose, surprise dans ma boîte mail : un membre du conseil syndical m’envoie trois photos de lui en pleine séance de contorsion, dans des positions improbables et assurément inconfortables, démontrant selon lui que l’on peut quand même s’asseoir. On le voit notamment assis en suspension sur le premier barreau, les bras enlacés autour du second. Une position qui ferait pâlir d’envie un maître yogi !
Évidemment, je n’ai pas résisté à l’envie de transmettre cette pépite au serrurier, lequel a remercié ironiquement par mail le copropriétaire pour “ces excellentes mises en situation très explicites”.
Malgré tout, mission accomplie : on a décidé de laisser l’installation en place et de voir à l’usage si quelqu’un allait réellement avoir l’audace de s’asseoir. Verdict plusieurs mois plus tard : zéro squat, zéro déchet et zéro yogi en mal de sensations !
Les myrtilles
J’habite la résidence des myrtilles sur la Côte d’Azur. C’est une copropriété paisible dont le rez-de-chaussée abritait des commerces en 1999, l’année de mon arrivée. Commerçants et résidents vivaient en fort bon voisinage. Puis, en 2005, le conseil syndical a décidé de la sécuriser en faisant installer un portail flanqué d’un portillon. Dès lors la fréquentation des commerces déclina et tous finirent par jeter l’éponge à l’exception de VisioMyrtilles qui devint le dernier vidéo-club de la ville et peut-être de France à louer des cassettes VHS pour magnétoscopes. La gérante, Sylvie, tint quelques mois devant cette nouvelle configuration d’accès aux Myrtilles qui s’ajoutait à l’inéluctable vague numérique des DVD. Comment était-elle devenue gérante d’un vidéo-club ? Eh bien, laissons-lui la parole.
” Moi j’aurais voulu être actrice. Mais j’ai pas pu. A cause des dents. Les actrices elles ont les dents très très très blanches ! Mais attention ! Pas n’importe quel blanc : blanc-cinéma. C’est un blanc spécial, éclatant. Moi, j’appelle ça le ciné-cheese ! Mes dents elles sont très bien, n’allez pas croire, je les brosse comme il faut, plusieurs fois par jour avec trois dentifrices différents pour être sûre. Et puis je fume pas, pas de café, pas de thé. Alors mes dents elles sont super blanches, mais pas ciné-cheese. Comme vous me voyez là vous diriez c’est une actrice, elle a un sourire de cinéma. Merci ! Mais faut pas se fier aux apparences. Quand Alex me filme, on voit bien que c’est pas ça. Et pourtant c’est qu’un tout petit écran avec pas beaucoup de pixels. Mais ça suffit pour voir que c’est pas un sourire d’actrice. On n’y croit pas. Un sourire d’actrice impressionne la pellicule ou les capteurs d’une façon spéciale. Le mien n’impressionne qu’Alex. Peut-être que pour un troisième rôle, dans une petite série pour la télé, ça irait quand même. Mais moi, c’est tout ou rien! Les rôles où on peut se passer d’un sourire spécial, ça ne m’intéresse pas, j’aurais pas l’impression d’être vraiment actrice. Le ciné-cheese c’est comme un don, on l’a ou on l’a pas. Faut savoir renoncer à ses rêves. C’est ça être fort. C’est de Nietzsche. Lui il a pas renoncé. Il est mort debout comme on dit. Il a fini frappadingue. A quoi ça tient un cerveau! Alex, lui, il est pas fou, il livre des pizzas pour Vroum Vroum Pizzas. C’est pas terrible comme job. D’ailleurs on dit pauvre comme un job. Mais c’est en attendant. Il aurait pu être acteur lui, il a le ciné-cheese mais le cinéma ça lui dit rien. Il préfère ses pizzas. En fait, il est content de son sort. C’est ça être fort. Comme les Grecs. Ils étaient comme ça les philosophes grecs, ils attendaient que ça arrive, n’importe quoi, puis ils disaient c’est bien. Pour Alex c’est pareil, tout est toujours bien à condition que ça n’arrive pas trop vite. Il a le sens du temps. Pour livrer ses pizzas il se presse pas, en plus il respecte le code de la route, du coup il croule pas sous les pourboires. Mais il s’en fout, il est pas matérialiste. C’est pour ça que je l’aime. On va se marier. Enfin, plus tard. En attendant il fait le Grec. Moi non plus je suis pas pressée. Quand on se marie c’est pour faire plein d’enfants. Pour l’instant on en a qu’un. Marion. Chou comme tout elle est ! Je sais pas encore si elle a le ciné-cheese, il lui manque trop de dents. Des enfants j’en veux encore trois ou quatre. Ils feront ce qu’ils voudront. Je les pousserai ni devant la caméra ni dans les pizzas. Faut pas forcer les gens. Alex, je le force pas à arrêter d’attendre. Du moment qu’il attend avec moi, je suis contente. Les pizzas c’est une bonne expérience et puis c’est un métier noble, comme charpentier ou facteur ou boulanger. Mon avenir professionnel, c’est pas la grenouille en haut de l’échelle ! Le vidéo-club, je crois qu’on est le dernier de France. Mais le patron s’en fout, il a du fric et il fait ça parce que ça l’occupe. Son film culte c’est Jurassik Park, le tout premier. C’est un des films DVD qu’on a le plus loué. Moi j’aimais bien le tyrannosaure, celui qui bouffe le type dans les WC. Lui il avait le ciné-cheese ! Des dents partout, on voyait que ça, même qu’Alex trouve que trop de dents tuent les dents. Moi après avoir vu le film, j’avais peur d’aller aux toilettes. Alex avait beau m’expliquer qu’un tyrannosaure il rentrerait même pas sa tête dans le salon tellement chez nous c’est petit, alors dans les WC je risquais vraiment rien. Comme si je le savais pas ! La peur ça se commande pas et un Tyrannosaurus Rex, avec sa grosse tête, ça fait peur parce que ça renvoie à des séquences archaïques de notre inconscient. D’ailleurs les fœtus aussi ont une grosse tête. Moi j’aimais bien mon job pour son côté psycho-relationnel. Aujourd’hui je fais surtout la poussière! Et puis c’est au vidéo-club qu’Alex et moi on s’est rencontrés. J’avais commandé une Margharita et quand il est arrivé avec une Calzone toute froide, j’ai compris que c’était l’homme de ma vie. Moi je suis positive. J’aime regarder des films sur la vie des profondeurs. Les poissons, tout ça. C’est fou ce que ça me détend. Parce que l’eau ça nous renvoie au stade intra-utérin. Alex il dit que tout ça c’est des conneries. Je suis pas d’accord et c’est très bien parce qu’un couple qui est toujours d’accord sur tout c’est qu’il y en a un des deux qui prend sur lui et un jour il explose et le couple avec, ou alors à force de se taire il fait une déprime puis un cancer. Alex et moi on est rarement d’accord, ça prouve qu’on a une relation équilibrée au sein du couple où chacun peut s’exprimer et même quand on aura plein d’enfants, tout le monde pourra s’exprimer au sein de la famille sauf les gros mots parce que ça je supporte pas et Alex non plus, là-dessus on est d’accord et c’est bien, parce qu’au sein du couple il faut un consensus pour l’éducation des enfants. De toute façon, Alex est pas du genre à vouloir imposer ses idées. Si le client hurle parce la pizza est froide alors qu’elle est tiède, Alex dit OK OK OK, pas de souci. Il aurait fait un bon psy, il est à l’écoute, il laisse causer. Si tout le monde était comme lui on boufferait froid, mais y aurait plus de guerres, entre les deux y a pas photo.”
C’était Sylvie, gérante regrettée du regretté VisioMyrtilles.
Le paillasson
Dans notre immeuble en copropriété, tous les occupants ont un paillasson devant la porte d’entrée de leur appartement sauf Mme L., car selon elle ça attire la poussière. Un jour, un joli tapis neuf est apparu devant sa porte. Elle l’a enlevé. Le lendemain, il était revenu. Pendant une semaine, elle l’a déplacé, il revenait toujours. Elle a fini par coller un post-it où il était écrit : “Ce tapis n’est pas à moi, merci de l’enlever”. Le lendemain, un nouveau post-it était là écrit : “Peut-être que le tapis vous a choisi ?” Après plusieurs allers retours, elle a abandonné. Aujourd’hui, le tapis est toujours là devant la porte de Mme L., avec des petits mots sympathiques des voisins.
Le paillasson est devenu la mascotte de l’étage.
Le veilleur
Je ne l’avais jamais rencontré. C’était mon voisin d’en face, un étage au-dessus du mien. Mais quelque part, je le connaissais. Il était mon horloge. Pendant six mois, chaque soir à 21h00 précises, sa lumière faisait flash. Un seul.
Un soir, 21h00, rien. Le silence dans sa fenêtre, après tant de constance, était dérangeant… Après quelques minutes d’attente et d’hésitation, j’ai traversé la cour, monté les escaliers de son immeuble et j’ai toqué. Le vieil homme m’a ouvert.
« Excusez-moi », ai-je bafouillé. « Je voulais juste m’assurer que tout allait bien. La lumière… »
Un léger sourire a éclairé son visage.
« L’ampoule a grillé. »
Soulagé, je m’apprêtais à repartir, mais j’ai quand même osé.
« Mais… pourquoi vous faites ça tous les soirs ? »
Il a tourné la tête et a pointé son menton vers une fenêtre de mon propre immeuble.
« C’est pour l’homme du quatrième. Il est alité. Il ne quitte plus sa chambre. »
Un silence.
« C’est juste pour qu’une fois par jour, il sache que quelqu’un pense à lui. »
Ce soir-là, j’ai compris. Les conversations les plus importantes de notre copropriété se tenaient dans le plus grand des silences…
Histoire de transit
Je vous laisse apprécier l’une des dernières demandes pour laquelle j’ai été amenée à faire réponse en qualité de gestionnaire.
« Bonjour, j’aurai besoin de commander des badges d’accès aux toilettes. Vous comprenez, nous n’avons qu’un accès pour 5. Donc en cas de diarrhée, on est embêtés ».