À quelques mètres près

Mon collaborateur avait missionné une entreprise pour refaire la toiture d’une copropriété. Un chantier comme on en suit régulièrement dans ce métier.
Sauf que l’entreprise s’est trompée d’immeuble. Elle a bien refait une toiture… celle du voisin.

Vous imaginez notre embarras. C’est toujours mieux que de l’avoir endommagée, me direz-vous, mais ce n’était tout de même pas ce qui avait été demandé !

Heureusement pour lui, le couvreur a réussi à trouver un arrangement avec les voisins. Ils ont accepté de payer les travaux à un prix, disons, ultra-compétitif, qui couvrait au moins ses matériaux.

L’entreprise limitait ainsi les conséquences de son erreur. Quant aux voisins, ils bénéficiaient d’une toiture refaite à un tarif difficile à battre.

Comme quoi, il arrive aussi qu’un chantier réserve une bonne surprise.
À condition d’habiter à côté.

Par Renaud D.

Mr B. vous avez voté contre

Deux ans de travail. Des réunions, des plans, des devis, des tableaux comparatifs… Le conseil syndical, le maître d’œuvre et l’assistant à maîtrise d’ouvrage n’ont pas ménagé leurs efforts pour préparer un projet de travaux sérieux et cohérent.

Quatre réunions collectives avaient été proposées aux copropriétaires pour présenter le projet, répondre aux questions et permettre à chacun de se faire une opinion. Quatre occasions auxquelles Mr B. n’avait jamais participé.

Arrive enfin le grand soir : l’assemblée générale appelée à voter les travaux.

Un temps d’échange de quinze minutes est prévu. Quinze minutes qui, sous l’impulsion notamment de Mr B., vont se transformer en une heure de débat.

Mr B. prend la parole. Il pointe du doigt de prétendues incohérences dans les chiffres transmis. Les montants ne concordent pas, les documents soulèvent des questions, le projet semble soudain bancal. Après presque deux ans de préparation, nous voilà au bord du naufrage !

Le conseil syndical tente de suivre, le maître d’œuvre cherche à comprendre, et moi assistant à maîtrise d’ouvrage doit justifier des chiffres pourtant soigneusement préparés.

Puis, au fil des échanges, le mystère se dévoile : Mr B. a tout simplement pris des annexes destinées à une assemblée générale extraordinaire de travaux… d’une autre copropriété, dans laquelle il est également propriétaire ! erreur ou mauvaise foi ? on ne saura pas

Une heure de débat pour une erreur de dossier. Deux ans de préparation face à quelques feuilles égarées.

L’assemblée poursuit son cours. Le vote a lieu. Malgré le vote défavorable de Mr B., les travaux sont adoptés.

On pourrait croire l’histoire terminée. Mais non !

Mr B. reprend la parole. Il repart dans de longues explications pour justifier son vote contre, comme s’il espérait encore renverser une décision qui vient d’être prise.

C’est alors que je lui réponds, calmement, sans ironie apparente :

« Monsieur B., vous avez voté contre. Vous êtes libre de votre choix. Vous n’êtes pas obligé de vous justifier. »

Un silence. Un regard.

Sur le visage de Mr B., je crois lire une déception mêlée de surprise. Sur celui des membres du conseil syndical, Mr T, je crois percevoir autre chose : un soulagement, presque un remerciement.

Après deux ans de travail, quatre réunions collectives et une heure de débat supplémentaire, il aura suffi d’une phrase pour refermer le dossier.

Ce soir-là, j’ai retenu une leçon essentielle de la vie en copropriété : on peut passer des heures à expliquer un projet, des mois à le préparer et des années à le construire. Mais parfois, la meilleure façon de faire avancer une assemblée, c’est simplement de rappeler à chacun qu’il est libre de voter… et qu’il n’a aucun besoin de plaider sa cause après avoir voté.

Quant aux annexes de la mauvaise copropriété, elles auront au moins eu un mérite : nous offrir une histoire que personne n’avait inscrite à l’ordre du jour.

Par Pape M.

Quand un copropriétaire veut prouver que les caméras ne servent à rien…

Dans le cadre de mon travail, nous proposons des solutions de sécurisation pour les copropriétés. Un jour, l’un de mes collègues est contacté par un client qui souhaite obtenir un devis pour installer des caméras de surveillance dans les caves de son immeuble. La raison est plutôt sérieuse : un départ de feu volontaire a eu lieu dans les sous-sols.
Jusque-là, rien d’extraordinaire. Mais c’était sans compter sur l’intervention d’un copropriétaire qui, lui, n’était absolument pas convaincu par l’utilité de ces caméras !
Pour démontrer que cet investissement ne servirait strictement à rien, il décide d’écrire un mail au syndic et à notre entreprise. Son raisonnement est imparable, du moins à ses yeux : n’importe qui peut entrer dans les garages, se déguiser, mettre le feu dans les caves, puis retourner tranquillement chez lui sans être reconnu. Selon lui, même avec les images, impossible d’identifier le coupable !
Mais notre copropriétaire ne s’arrête pas à la théorie. Non, monsieur est un homme de démonstration !
Pour appuyer son argumentation, il joint à son mail… une photo de lui-même, déguisé de la tête aux pieds !

Sur la photo, on le découvre vêtu d’une sorte de vieux drap transformé en robe, coiffé d’un chapeau, portant un masque et des gants. Il a pensé à tous les détails !

Moralité : dans les copropriétés, il y a parfois des gens qui font tout pour prouver qu’une solution ne fonctionne pas… quitte à fournir eux-mêmes les pièces du dossier !
Et finalement, le meilleur moyen de se faire remarquer n’est pas toujours de passer devant une caméra : parfois, il suffit d’envoyer sa photo par mail !
(Dommage que nous ne puissions pas joindre de photo avec l’histoire car nous avons conservé l’image)

Par Irène D.

Les Mouettes ont pris leur envol

LES MOUETTES, cette copropriété de 101 logements pour laquelle je suis Président du Conseil Syndical de plus de 15 ans, a connu ces dernières années une transformation trés importante.
Alors que notre résidence rencontrait de nombreuses difficultés, nous avons réussi, avec le Conseil Syndical, la Régie et les différents intervenants, à engager un important programme de rénovation.
Après des années de difficultés techniques et financières, une véritable mobilisation des copropriétaires a permis d’engager un important programme de rénovation énergétique, avec l’accompagnement d’un AMO et des dispositifs d’aides publiques.
Un projet de rénovation énergétique représentant plusieurs millions d’euros, avec une part très importante de financement public.
Des travaux concernant notamment l’isolation thermique, la ventilation, la plomberie et différents équipements de la résidence. Les premiers résultats sont déjà visibles, notamment avec une baisse importante de la consommation d’énergie.
Pendant toute cette période, le Conseil Syndical a joué un rôle essentiel dans le suivi des travaux, les relations avec la Régie, les entreprises, et les différents partenaires.
Nous avons également travaillé sur un autre problème important : la réduction des impayés de copropriété, afin de retrouver une situation financière plus saine.
Mais au-delà des chiffres et des travaux, ce qui me paraît intéressant dans notre histoire, c’est l’engagement des copropriétaires qui ont décidé de ne pas subir les difficultés de leur résidence.
Notre devise pourrait être : «Servir plutôt que se servir, et avancer ensemble malgré nos différences». Une copropriété, ce n’est pas seulement des murs, des charges et des travaux, c’est avant tout des femmes et des hommes qui doivent apprendre à travailler ensemble pour préserver leur patrimoine et améliorer leur cadre de vie. Aujourd’hui, notre histoire continue puisque sur ces prochaines années nous allons finaliser ce programme de rénovation.
Avec l’accompagnement de différentes banques, nous préparons une assemblée générale programmée pour le 13 janvier 2027, au cours de laquelle sera présentée et soumise au vote la troisième tranche des travaux de rénovation.
Je reste plein d’espoir et souhaite que les copropriétaires continuent à faire confiance à leur Conseil Syndical, pour que soit votée la troisième tranche des travaux et ainsi finaliser ce projet collectif.
Cette confiance est essentielle pour poursuivre le travail accompli et construire ensemble l’avenir de notre copropriété.

Le Président du Conseil Syndical

Par JEAN-LUC P.

C’est ceux qui parlent le plus qui en font le moins

Une histoire vraie sur l’engagement collectif…

Lors de notre assemblée générale de copropriété, une résolution concernant deux nouveaux contrats pour l’entretien des espaces verts de notre résidence est présentée à l’ensemble des copropriétaires.
Cette proposition fait suite à la décision du conseil syndical de mettre fin au contrat de l’ancien prestataire.

Très vite, plusieurs copropriétaires interviennent :
“On pourrait le faire nous-mêmes entre voisins, cela ferait faire des économies à tout le monde”.

Je réponds alors :
Très bonne idée. Qui serait prêt à participer ?
Quelques mains se lèvent. Je mémorise les visages.

Le vote tombe :
Aucun vote pour l’adoption de la résolution concernant ce nouveau contrat.
Je décide alors d’organiser l’action.

Un message est affiché sur nos espaces de communication de la résidence et un mail est envoyé aux copropriétaires :
Merci de nous contacter pour participer dimanche à 11 h à l’entretien des espaces verts.

Résultat le jour J.

3 personnes présentes :
– Deux copropriétaires résidents
– Un locataire et moi

Mais où étaient passées toutes ces mains levées lors de l’assemblée générale ?
Une piqûre de rappel est envoyée pour la prochaine participation.
Et le résultat est le même.

La moral de l’histoire : c’est souvent ceux qui parlent le plus qui en font le moins.

Lors de l’assemblée générale suivante, un contrat a finalement été adopté par la majorité.

Vicky S.

Par Vicky S.

La peinture qui puait

🔦« Attention… Ne vous fiez jamais à une peinture trop fraîche. » 🤫🐀

Quand j’entre dans ce rez-de-chaussée de standing, tout est sublime.
L’appartement vient d’être rénové. C’est propre, c’est moderne, ça sent le “neuf”.

🚨Le problème : Il y a une autre odeur. 🤢
Une odeur organique, lourde, que même les meilleurs désodorisants n’arrivent pas à masquer.
Les occupants sont à bout. Le syndic est appelé à la rescousse.
➡️On pense au réseau d’évacuation. On cure, on nettoie, on vérifie les colonnes…
Résultat : Rien. Le réseau est nickel.
➡️Le pro met un clapet anti retour pour les odeurs de reflux…
Résultat : Rien. Toujours cette odeur qui s’imprègne d’étage en étage…🤢🤢

😎 C’est là que l’enquête de terrain commence vraiment. 😎
Je ne me fie pas aux apparences. Je sniffe les murs, littéralement.

Le verdict tombe : l’odeur vient de derrière la cloison des WC toute neuve et blanche.

On sort la scie sauteuse. On découpe le Placo magnifique.
🚨Le choc : Derrière l’isolation, on découvre “Maman rat” et “Papa rat”.🐀🐁
Emprisonnés vivants lors de la fermeture de la cloison par les ouvriers, ils se sont liquéfiés lentement dans la laine de verre.

➡️Bilan ? Une rénovation de luxe qui cachait un cimetière.

Être syndic, c’est savoir regarder au-delà du “beau” pour trouver l’origine du pourri… même quand il faut briser un mur tout neuf.

La gestion immobilière, c’est 10% de finitions et 90% de surprises macabres derrière le décor.
Et vous, quelle est la pire chose que vous ayez découverte derrière une cloison ? 🪚🏗️

Par Lydia B.

Tragi-thermique

Dans notre appartement en copropriété, pour notre douche neuve, un rêve de palace.
Avec ma compagne, on s’est trouvés de l’audace.
Derrière le mur parfait, on a tout raccordé,
puis la belle faïence est venue tout sceller.
Prêt à inaugurer notre œuvre de la semaine, je rentre dans la douche avec des airs de roi, je tourne vers le rouge, d’un geste assuré, certain de sentir l’eau chaude ruisseler sur mon corps endormi…
Un torrent de glacier me fait hurler de rage !
Je bascule sur le bleu et c’est la brûlure sauvage !
Le rouge crache du froid, le bleu crache du chaud.
Chef d’œuvre signé de deux gentils plombiers amateurs…
Depuis, il faut penser à l’envers chaque matin, mais hier encore, l’esprit dans le brouillard, j’ai tourné machinalement et réveillé tout l’immeuble…

Par Pierre M.

Monte voitures en souffrance, à qui la faute ?

Pour cette toute récente copropriété de bon standing, après avoir analysé les pièces du Dossier des Ouvrages Exécutés (DOE) remis à l’issue de la réception des travaux par le maître d’ouvrage au syndic de copropriété, ce dernier s’est occupé de souscrire auprès d’un fournisseur d’énergie un contrat d’électricité TARIF JAUNE, afin d’avoir une puissance suffisante pour assurer le bon fonctionnement de l’ensemble des équipements électriques relevant des parties communes.
Si sur les tous premiers mois il n’a pas été relevé de problème particulier, toutefois peu de temps après l’ambiance s’est quelque peu dégradée, ayant pour cause la perte d’usage momentanée du monte voitures.
En effet, au motif du coût particulièrement élevé du TARIF JAUNE, sur insistance d’un groupe de copropriétaires le gestionnaire de copropriété a été contraint et forcé d’engager une révision à la baisse de la puissance initialement souscrite au titre du contrat de fourniture d’électricité. C’est donc à la suite de l’intervention d’ERDF, qui après avoir recalibré le point de distribution a fait que le monte voitures est apparu en souffrance par manque de puissance électrique et dans ces conditions il est facile d’imaginer que plus aucune voiture ne pouvait entrer ou sortir du parking en sous-sol. Face au problème, en attendant de pouvoir revenir au TARIF JAUNE de base, le gestionnaire de copropriété n’a pas eu d’autre choix que de faire appel à une entreprise d’électricité, qui dans l’urgence s’est attachée à mettre en place un groupe électrogène de location pour débloquer au plus vite cette situation hors du commun.
Entre d’une part la perte d’usage temporaire d’un équipement collectif et d’autre part les dépenses engagées (argent/temps), on ne peut que recommander aux copropriétaires qu’il est généralement utile d’apporter une réelle attention aux conséquences de leurs décisions et de leurs actes.

Par Quentin B.

Le contorsionniste un brin de mauvaise foi

La copropriété en question a un parvis couvert qui donne sur la rue. Problème : le rebord d’une fenêtre basse près de la porte d’entrée est devenu un véritable banc public, avec en bonus le dépôt régulier de déchets à cet endroit. Exaspérés, les copropriétaires m’ont demandé en ma qualité de gestionnaire de la copropriété de faire installer un système empêchant de s’asseoir. S’agissant d’un immeuble neuf, on a opté pour quelque chose de discret : deux barreaux horizontaux posés par un serrurier dans le cadre de la fenêtre, à fleur de façade. Sobre, élégant, dissuasif. Du moins, c’est ce qu’on croyait !

Deux jours après la pose, surprise dans ma boîte mail : un membre du conseil syndical m’envoie trois photos de lui en pleine séance de contorsion, dans des positions improbables et assurément inconfortables, démontrant selon lui que l’on peut quand même s’asseoir. On le voit notamment assis en suspension sur le premier barreau, les bras enlacés autour du second. Une position qui ferait pâlir d’envie un maître yogi !

Évidemment, je n’ai pas résisté à l’envie de transmettre cette pépite au serrurier, lequel a remercié ironiquement par mail le copropriétaire pour “ces excellentes mises en situation très explicites”.

Malgré tout, mission accomplie : on a décidé de laisser l’installation en place et de voir à l’usage si quelqu’un allait réellement avoir l’audace de s’asseoir. Verdict plusieurs mois plus tard : zéro squat, zéro déchet et zéro yogi en mal de sensations !

Par Antony M.

La façade plus foncée que prévu

Les travaux de ravalement de façade sur cette copropriété devaient durer un mois. Rapidement, les premiers désagréments apparaissent : bruit incessant, poussière qui s’infiltre partout, fenêtres condamnées plus longtemps que prévu. Un jour, un ouvrier se trompe d’appartement et sonne chez un voisin pour “vérifier une fissure” qui n’existe pas. Plus tard, une bâche mal fixée claque au vent toute la nuit, empêchant tout l’immeuble de dormir. Et quand enfin le chantier se termine, un détail saute aux yeux : la façade, censée être beige comme avant, est d’un ton légèrement plus foncé… juste assez pour que tout le monde le remarque, sans vraiment pouvoir s’en plaindre.

Par Valérie L.