Au bout de deux ans…

Courrier reçu longtemps encadré dans une salle de repos :

“Monsieur BO……,

Cela fait 2 ans que je suis copropriétaire,
Cela fait 2 ans que vous êtes mon Syndic,
Cela fait 2 ans que vous m’appelez des charges tous les trimestres,
QUAND CELA VA-T-IL CESSER ? “

Par Stéphane B.

Le mystère de l’odeur du palier

Hier, je devais simplement réceptionner un chantier de peinture des portes d’ascenseur. Simplement…

À peine arrivée dans les parties communes de la copropriété, une odeur nauséabonde me saute au nez.
Le chantier peinture est aussitôt passé au second plan. Me voilà partie en mode détective pour retrouver l’origine du problème.

Et là… découverte du “cadeau” : quelqu’un avait déféqué entre deux portes des parties communes. 💩
Bon… il n’y avait plus qu’à trouver une entreprise de nettoyage pour intervenir rapidement.

Sauf qu’on est début août.
Les entreprises sont en vacances, les plannings sont pleins, et personne ne peut intervenir dans l’immédiat.

Résultat ? Il a fallu patienter plusieurs jours, le temps que notre entreprise habituelle, qui assure l’entretien des parties communes, passe comme prévu.

On dit souvent que le gestionnaire de copropriété est juriste, comptable, médiateur, technicien…
On oublie juste de préciser qu’il doit parfois improviser une gestion de crise… pour des situations qu’aucune fiche de poste n’aurait osé imaginer. 😅

Le quotidien d’un gestionnaire de copropriété est parfois… surprenant.

Par Aurore R.

Le local poubelle

Dans notre métier de gestionnaire de copropriété, il existe un endroit où l’on n’entre jamais complètement serein.

Le local poubelle.

Hier soir, je devais justement y faire un inventaire avec une membre du conseil syndical. À peine arrivées devant la porte, elle me glisse, mi-sérieuse, mi-inquiète :

— « Vous êtes sûre qu’il n’y a pas de rats ? »
Jusque-là, je ne m’étais pas posé la question.
Mais une fois le mot prononcé…Impossible de penser à autre chose.

Je pose la main sur la poignée. Elle fait un discret pas en arrière. Je l’ouvre lentement.

Silence.

Personne.
Enfin… presque.

Quelques toiles d’araignées avaient manifestement élu domicile depuis un certain temps.
L’aspirateur était hors service.
Le balai n’était plus qu’un manche.
La tête de loup… avait perdu la tête.
Et la serpillière semblait avoir rendu les armes depuis bien longtemps.

Nous étions venues faire un inventaire.
Nous avions surtout découvert un véritable cimetière du matériel d’entretien.

Je regarde la conseillère. Elle me regarde. Puis nous éclatons de rire.

Le fameux rat n’était jamais venu.
En revanche, le matériel, lui, semblait avoir traversé toutes les guerres.

On parle souvent du métier de gestionnaire de copropriété à travers les assemblées générales, les budgets, les sinistres ou les travaux.
Mais on oublie ces moments improbables.
Ces expéditions dans les caves, les combles, les locaux techniques…
Et ces portes que l’on ouvre avec une légère appréhension, sans jamais savoir ce qui nous attend de l’autre côté.

Finalement, ce soir-là, nous n’avons croisé ni rat, ni souris. Seulement un aspirateur à bout de souffle, un balai amputé, un loup décapité…
…et un fou rire qui, lui, était en parfait état de fonctionnement.

Par Aurore R.

Même la neige, c’est pour le syndic ?

Assemblée générale. La réunion se déroule normalement.
Questions sur les comptes, quelques devis, un contrat d’entretien…
Puis un copropriétaire demande à consulter le cahier des charges de l’entreprise qui assure l’entretien des parties communes. Je sors le document.

Il date de 2016, mais les missions sont toujours les mêmes.

Je commence à expliquer son contenu lorsqu’une voix s’élève au fond de la salle :
— “Lors du dernier épisode neigeux, je n’ai vu ni le syndic, ni vous-même déneiger le trottoir de la résidence.”

Silence.

Pendant quelques secondes, j’imagine la scène :
6 heures du matin.
Le téléphone dans une poche.
Le carnet d’interventions dans l’autre.
Un gilet fluorescent sur le dos.
Une pelle à neige à la main.
À courir d’une résidence à l’autre avant l’ouverture du bureau.

L’image est tellement absurde que je manque d’en sourire.

Je reprends alors calmement :
— “Heureusement pour vous… ce n’est pas le syndic qui déneige.”

Le cahier des charges concernait bien l’entreprise d’entretien.
Comme aujourd’hui encore, c’est le prestataire mandaté qui intervient lorsque les conditions météo l’exigent.

Cette anecdote m’a fait sourire. Pas à cause de la neige. Mais parce qu’elle résume parfaitement notre métier. Le syndic est devenu, dans l’imaginaire collectif, celui qui devrait tout faire.

Gérer les comptes.
Répondre aux urgences.
Organiser les travaux.
Régler les conflits.
…et, visiblement, tenir la pelle lorsque l’hiver arrive.

Depuis, chaque fois qu’il neige, je repense à cette assemblée.
Et je me demande toujours combien de copropriétaires imaginent encore leur syndic partir à l’aube déneiger les trottoirs.

Par Aurore R.

Le suspect

Un matin, plusieurs copropriétaires de la même résidence m’appellent à quelques minutes d’intervalle.

Tous me décrivent le même homme. Il sonne à toutes les portes, prend des notes et regarde les boîtes aux lettres.

L’un d’eux ajoute même :
— En plus, il a un tournevis.

J’avoue que je commence à m’inquiéter. Le président du conseil syndical descend voir ce qui se passe. Il me rappelle cinq minutes plus tard.
— C’est bon, on l’a trouvé.

Je lui demande :
— Alors ?

Il éclate de rire.
— C’est le facteur.

Il distribuait des recommandés. Comme personne ne répondait, il notait les absents pour repasser. Quant au tournevis, il s’en servait simplement pour refermer une boîte aux lettres dont la serrure était cassée.

Quelques heures plus tard, je me suis dit que ce pauvre facteur avait dû se demander pourquoi autant de rideaux bougeaient sur son passage.

Par Aurore R.

✨️ Une résolution non inscrite à l’ordre du jour 🙏✨️

Ce soir, j’ai eu une belle preuve que la bienveillance existe encore.
N’ayant pas trouvé de mode de garde, j’ai demandé si je pouvais exceptionnellement venir à une assemblée générale accompagnée de mes filles. La présidente du bureau a accepté sans la moindre hésitation avec beaucoup de compréhension.
L’AG s’est très bien passée et la soirée s’est terminée autour d’un apéro dînatoire dans une ambiance conviviale (et un plouf dans la piscine pour la plus grande – chanceuse 🤗)
Dans notre métier de syndic, on parle souvent des difficultés et des tensions que l’on rencontre chaque jour. Mais il y a aussi ces moments qui font du bien et qui rappellent que derrière les dossiers et les situations compliquées, il y a avant tout de l’humain.
Alors ce soir, j’avais simplement envie de remercier les personnes qui font preuve de compréhension, de confiance et de bienveillance 🙏
Ça paraît parfois anodin mais ça change beaucoup de choses. Et franchement, ça fait du bien! ✨
#Syndic #Copropriété #Immobilier #Bienveillance #AixenProvence #CGImmobilier #Relationhumaine

Par Sylvie H.

Les plus belles leçons viennent parfois des invisibles

Ce week-end, nous avons perdu notre chat.

Pour certains, ce n’est “qu’un chat”. Pour nous, c’est un membre de la famille.

Habituée à voyager avec nous en camping-car, elle est sortie vendredi soir comme elle le fait toujours.

Et elle n’est pas revenue.

Alors nous avons cherché. Beaucoup.

Nous avons interrogé les habitants, les commerçants, la maison de santé voisine, contacté la mairie, les vétérinaires, les associations. Nous avons marché, attendu, espéré.

Au fil de ces recherches, nous avons croisé de nombreuses personnes.

Et parmi elles, un homme que beaucoup regardent sans vraiment voir.

À chaque fois que nous le croisions, il nous demandait :

« Alors, vous avez retrouvé votre chat ? »

Quelques mots seulement.

Mais toujours avec une sincère bienveillance.

Sur le moment, nous étions tellement absorbés par notre inquiétude que nous ne nous sommes même pas demandé comment lui allait.

Dimanche, nous avons dû repartir sans elle.

Le cœur lourd.

Puis lundi, nous avons décidé de revenir une dernière fois.

Avec très peu d’espoir.

Et là, après un violent orage, alors qu’une publicité passait à la télévision dans le camping-car, nous avons entendu un miaulement.

Pas celui de la télévision.

Le sien.

Notre petite aventurière était revenue.

Depuis, une pensée me revient sans cesse.

Pendant plusieurs jours, nous avons demandé de l’aide et reçu de l’attention de parfaits inconnus.

Cette expérience m’a rappelé qu’il est facile, lorsque nous traversons une difficulté, de ne voir que notre propre problème.

Pourtant, autour de nous, certains vivent des situations bien plus compliquées et trouvent malgré tout la force de s’intéresser aux autres.

Dans mon métier de gestionnaire de copropriété, je traite chaque jour des dossiers, des travaux, des sinistres ou des budgets.

Mais derrière chaque dossier, il y a avant tout des personnes.

Ce week-end m’a rappelé qu’au-delà des missions et des procédures, l’écoute et l’attention portée aux autres restent essentielles.

Parce qu’au fond, ce sont souvent ceux qui ont le moins qui nous donnent les plus grandes leçons d’humanité.

Par Aurore R.

Le talent du gestionnaire

Hier soir se tenait l’assemblée générale de la résidence la plus importante de mon portefeuille.

Après plus de 15 ans d’expérience en tant que syndic de copropriété, j’ai confié au conseil syndical qu’à chaque début d’assemblée dans cette résidence, j’avais toujours le trac.

Cette sensation particulière, ce mélange d’excitation, de responsabilité et d’envie de bien faire.

La réponse d’un membre du conseil syndical m’a marqué :

« Si tu as le trac avant de monter sur scène, c’est que tu as du talent. »

Une phrase simple, mais qui rappelle que le trac n’est pas un signe de faiblesse. C’est souvent la preuve que l’on accorde de l’importance à ce que l’on fait, que l’on respecte son public et que l’on souhaite donner le meilleur de soi-même.

Après toutes ces années, je suis finalement rassuré : avoir encore le trac, c’est peut-être simplement ne jamais perdre la passion de son métier.

Par Jessica L.

solidarité

Dans notre métier, il est souvent plus facile, et malheureusement plus fréquent, de devoir raconter les tensions, les incivilités ou les comportements parfois peu bienveillants de certains copropriétaires.

Mais aujourd’hui, j’ai préféré m’arrêter sur une belle histoire.

Dans le hall d’une résidence placée sous le régime de la copropriété que je gère, une simple note a attiré mon attention pendant la panne d’ascenseur. 3 jeunes femmes en colocation y proposaient spontanément leur aide aux habitants : monter les courses, accompagner les personnes âgées ou celles ayant des difficultés dans les escaliers, rendre service tout simplement.

Sans obligation. Sans attente. Juste par humanité.

Dans une époque où chacun semble souvent courir après son temps, ces gestes simples rappellent que la solidarité de voisinage existe encore. Et qu’elle peut parfois se cacher derrière les initiatives les plus discrètes.

Ce petit élan de bienveillance a apporté beaucoup plus qu’une aide pratique : il a apporté du sourire, du réconfort et un peu de chaleur humaine à toute une résidence.

Alors aujourd’hui, plutôt que de parler de ce qui divise, je voulais simplement mettre en lumière ce qui rassemble.

Bravo à elles pour cette magnifique initiative.

Par Nadège M.

Staying Alive en Assemblée Générale

Hier soir, l’Assemblée Générale ressemblait à un concert.

Sauf que personne n’avait la même partition.

À peine la séance commencée, les voix se croisent déjà.

— « Oui mais ce devis, on en a déjà parlé ! »
— « Non, ce n’est pas ce qui avait été décidé ! »
— « Laissez-moi finir ! »
— « On ne vous coupe jamais, vous ! »

Au fond de la salle, deux copropriétaires refont le débat en parallèle.
À ma droite, un autre soupire bruyamment à chaque résolution.
Et au premier rang, quelqu’un lève les yeux au ciel toutes les trente secondes.

C’est à ce moment précis que “Staying Alive” des Bee Gees m’est venue en tête.

Parce qu’en Assemblée Générale, certains soirs, survivre est déjà une victoire.

On imagine souvent notre métier comme de la gestion administrative :
– des budgets,
– des appels de fonds,
– des travaux,
– des contrats.

Mais la réalité est ailleurs.

Une AG, ce n’est jamais seulement des résolutions à voter.

C’est :
– canaliser des frustrations,
– gérer des tensions anciennes,
– ramener du collectif dans des intérêts individuels,
– et empêcher qu’une réunion bascule dans le chaos.

Hier soir, il a fallu recadrer.

Reposer les règles.
Faire redescendre la pression.
Redonner la parole à chacun sans perdre le contrôle de la séance.

Pendant quelques minutes, j’avais moins l’impression d’être gestionnaire de copropriété… que chef d’orchestre au milieu d’un groupe qui jouait chacun sa propre musique.

Et pourtant, à la fin de la soirée, les résolutions ont été votées.
Les échanges se sont apaisés.
Et l’immeuble a continué d’avancer.

C’est ça aussi, le métier de syndic.

On parle souvent de gestion d’immeubles.

En réalité,
on gère surtout de l’humain.

Et certains soirs…
oui…
ça mérite une bande-son.

Par Aurore R.