Assemblée générale. La réunion se déroule normalement.
Questions sur les comptes, quelques devis, un contrat d’entretien…
Puis un copropriétaire demande à consulter le cahier des charges de l’entreprise qui assure l’entretien des parties communes. Je sors le document.
Il date de 2016, mais les missions sont toujours les mêmes.
Je commence à expliquer son contenu lorsqu’une voix s’élève au fond de la salle :
— “Lors du dernier épisode neigeux, je n’ai vu ni le syndic, ni vous-même déneiger le trottoir de la résidence.”
Silence.
Pendant quelques secondes, j’imagine la scène :
6 heures du matin.
Le téléphone dans une poche.
Le carnet d’interventions dans l’autre.
Un gilet fluorescent sur le dos.
Une pelle à neige à la main.
À courir d’une résidence à l’autre avant l’ouverture du bureau.
L’image est tellement absurde que je manque d’en sourire.
Je reprends alors calmement :
— “Heureusement pour vous… ce n’est pas le syndic qui déneige.”
Le cahier des charges concernait bien l’entreprise d’entretien.
Comme aujourd’hui encore, c’est le prestataire mandaté qui intervient lorsque les conditions météo l’exigent.
Cette anecdote m’a fait sourire. Pas à cause de la neige. Mais parce qu’elle résume parfaitement notre métier. Le syndic est devenu, dans l’imaginaire collectif, celui qui devrait tout faire.
Gérer les comptes.
Répondre aux urgences.
Organiser les travaux.
Régler les conflits.
…et, visiblement, tenir la pelle lorsque l’hiver arrive.
Depuis, chaque fois qu’il neige, je repense à cette assemblée.
Et je me demande toujours combien de copropriétaires imaginent encore leur syndic partir à l’aube déneiger les trottoirs.